La ruche qui dit oui !

Lobjo a rencontré Hélène, la responsable de la « Ruche qui dit oui » dans le 10e arrondissement de Paris. Une nouvelle façon de consommer à la portée de tous pour manger mieux et manger juste.

La ruche qui dit oui!
Quand a-été-crée la première ruche ?

La première ruche a été crée en septembre 2011, donc elle a un an et demi.
Au début c’est parti sur un truc super ouvert, sur un concept que chacun s’approprie comme il le veut. Au fur et à mesure que le réseau prend vie, tu sens qu’il faut mettre du cadre, ça peut aussi partir sur un truc que tu n’avais pas forcément prévu.

Il y a 3100 personnes inscrites dans cette ruche, les 2/3 ne viennent pas. C’est la plus vieille ruche à Paris. Beaucoup de gens se sont inscrits pour voir ce que c’était.

Comment tout a commencé ?

Dans l’équipe, ce ne sont pas du tout des profils académiques, le créateur est un artiste, désigner culinaire qui a fait des performances culinaires, qui a bossé avec des autistes.
C’est un truc qui lui a toujours tenu à cœur, qui tenait sur un bout de papier et puis il a rencontré ceux qui pouvaient faire, notamment des gens calés en informatique.

Combien avez-vous investi ?

Je suis nulle pour les chiffres, mais ce sont de grosses sommes.
Au départ on avait pas de thune. Les premiers investisseurs c’était Marmiton, Meetic, sur un bout de papier ils ont dit ok on y va.

Un concept comme celui-ci n’a jamais existé auparavant ?

Si , il y en a plein mais mal foutu.
Il y en a plein mais il y a toujours un défaut, les paiements tu ne peux pas les faire en ligne…
Depuis, il y en a d’autres, le Drive Fermier, monté par les chambres d’agriculture, dans le Sud-Ouest.

Combien y-a-t-il de producteurs ?

Il y a trois maraîchers bio, un paysan boulanger, deux producteurs de viande, un producteur de fromage et un producteur de canard, ça c’est la base, ils sont là toutes les semaines.Ensuite il y en a d’autres qui viennent une fois par mois, par exemple ce mois-ci on a des champignons, des chocolats, du chèvre, du cidre.

Par rapport aux produits, vous avez de nouvelles idées ?

Je voulais lancer les légumes et fruits déclassés, mais les producteurs me disent qu’en terme d’image ce n’est pas ça. Ce serait vraiment pour éviter de jeter, du coup on les prend pour la cantine organisée le samedi midi après le marché.

Quel type de clientèle avez-vous ?

Ce sont des gens du 10è arrondissement, il n’y a pas de tout, on n’a pas de jeunes. C’est normal, l ‘idée de commander avant ce n’est pas évident quand on est jeune.
Du coup je ne sais pas si il faut s’acharner sur ce créneau.
On a beaucoup de personnes âgées qui arrivent à commander sur internet, même si c’est souvent leurs petits enfants qui le font pour eux.
Je n’ai pas envie de rester dans un schéma bobo.
Et puis les gens qui viennent ne sont pas du tout pro bio et ça aussi ça compte, on est pas dans un schéma bobo bio.

Qu’est ce que gagnent les producteurs à participer à cette ruche ?

Beaucoup de choses, il n’ y a pas de contrats, c’est une relation de confiance et d’amitié. Beaucoup ont doublé leur surface en bio.
Ca leur apporte une production régulière, toutes les semaines, c’est une production moins compliquée, car ils font ce qu’ils veulent au niveau de leur culture.
Tout ce qu’ils produisent est acheté, puisque c’est commandé au préalable par système de panier, donc il n’y a pas de gâchis, c’est super important moralement pour eux.
Sur l’aspect financier ils s’y retrouvent sinon ils n’en seraient pas là.
Beaucoup d’entre eux ont embauché du personnel, donc ça tourne bien et puis l’esprit communautaire leur plaît beaucoup. C’est une façon de se moderniser, de rencontrer de nouvelles personnes.

Tous les produits proposés dans la ruche qui dit oui sont bio ?

Les maraîchers sont bio, mais par exemple pour la viande, le bio est plus contraignant, c’est plus difficile de l’être. Mais bon, par exemple une des productrices de viande soigne ses poules avec de l’homéopathie, ce n’est pas bio mais bon elle prend très soin de ses animaux. Tous les producteurs de viande sont très proches de leurs animaux.

Penses-tu que ce genre de concept est amené à se multiplier dans le temps ?

Il ne faut pas s’endormir, développer l’appli tablette, plein de trucs. Je pense que ça va continuer à se développer.
Je n’ai jamais cru à la ruche de campagne par exemple, c’est beaucoup plus novateur en ville. Ensuite il y a des ruches inattendues, comme une à côté de Genève ou il n’y a vraiment rien.
Des bons producteurs, un chouette lieu comme le comptoir général, une bonne équipe et je pense que ça ne peut que continuer à se développer.

Dans le 10e arrondissement de Paris toutes les conditions sont réunies pour que ça marche non ?

Oui effectivement, le lieu est génial, le Comptoir Général est grand et c’est un super endroit pour réunir la ruche qui dit oui et puis dans les alentours il n’y a pas de marchés enfin si il y en a un mais tout petit.

Certain te demande des produits délirants ?

On en a eu, comme de l’Autruche la semaine dernière, même si c’est très bon, ça coûte aussi très cher !

Le scandale de la viande de cheval vous a apporté de nouveaux clients ?

Depuis le scandale de la viande de cheval, on a eu plus de 30% d’inscriptions sur le site de la ruche.

Arthur Charron et Antoine Lelay.

Publicités

Un commentaire Ajoutez le vôtre

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s