A lire d’urgence

thebookthatcantwait

La maison d’édition argentine Eterna Cadencia et l’agence DraftFCB ont mis au point  » El libre que no puede esperar », littéralement « Le livre qui n’attend pas » ; un livre dont l’encre disparaît, avec le temps, au contact de la lumière, laissant place à des pages blanches. Une manière originale d’attirer l’attention sur la fragilité du livre, du monde de l’édition et des libraires.

Pour ce seul mois de Février pas loin de 275 livres sont sortis en librairie… Deux cent soixante-quinze. Ça fait beaucoup. Assez pour qu’un journaliste ou critique littéraire ne sache si il lui faudra bel et bien deux ou trois brouettes pour sortir tous les inédits de son bouquiniste. Oui en effet, tout dépend des formats et du nombre de page. Mettons : il arrive chez lui et doit choisir lequel de ces recueils son influence portera aux nues, ou au contraire, réduira à néant. Très bien, du moins on le paye pour ça. Mais pour les autres ? Oui eux-là, les oubliés de la presse, les orphelins de la critique, qui parlera d’eux ? Faute d’écho dans la presse, et donc du grand public, certains jeunes écrivains se découragent, et s’arrêtent parfois à l’aube de leur potentielle carrière littéraire (John Kennedy Toole, c’est pour toi frérot, rest in peace).

Attiser le plaisir de lire.

La maison d’édition Eterna Cadencia et l’agence de com’ DraftFCB, prétendent avoir trouvé l’alternative : rendre le livre périssable. Une initiative incongrue qui part d’un postulat simplissime : le lecteur lambda aurait tendance a acheté des livres sans les compulser aussitôt, et n’en faisant ainsi aucun écho. Certes, les écrits restent et les livres peuvent attendre, mais ce n’est pas le cas des auteurs. « Si les gens ne lisent pas leurs premiers livres, il ne publieront jamais de second« , indique Cadencia Eterna. CQFD. « Nous pensons que c’est une manière magique et poétique d’expliquer un problème réel. Nous avons voulu faire un livre qui était un message en soi, qui nous incitera à lire ces auteurs avant que leurs récits ne disparaissent vraiment, là, devant nos yeux », Javier Campopiano, directeur général de l’agence DraftFCB et co-responsable, avec l’éditeur, de ce projet.

Le livre qui n’attend pas.

Une fois retiré de son emballage plastique, « El libro que no puede El-libro-que-no-puede-esperaresperar » (Le Livre qui ne peut pas attendre, ndlr) voit en effet son encre s’effacer peu à peu pour totalement disparaître en 60 jours. Sympathique : l’angoisse de la page blanche à rebours. Un concept décalé et un investissement à court terme, il faut le dire : adieu nos douces lectures en dilettante et le plaisir de relire nos œuvres cultes sur papiers surannés…

L’éditeur espère par ailleurs contrer la popularité croissante de eBooks, ces livres en ligne livrant en effet une concurrence forte au support papier. Et le paradoxal pari semble réussi puisque Eterna Cadencia est en rupture de stock depuis le premier de la publication, et projette d’étendre ce concept à d’autres auteurs.

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