Triste constat pour les patients du centre psychothérapique de l’Ain

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De la torture, des larmes. C’est ce que subissent les patients du centre psychothérapique de Bourg-en-Bresse, seul centre de soins de l’Ain, pouvant accueillir jusqu’à 412 patients.

« Pour vous, dehors, nous ne serons jamais que des fous. » Mes enfants déchirés – Elyse Flick

« Un traitement inhumain et dégradant »

C’est ce que regrette le contrôleur général des lieux de privation de liberté en visitant l’hôpital. Mercredi 16 mars, il dénonçait, dans une recommandation publiée au Journal Officiel, les conditions de prise en charge des patients de Bourg-en-Bresse.

C’est un traitement bestial dont les patients de cet hôpital bénéficient; ligotés à leur lits, privés de sorties ou encore de visites. Quatre cigarettes par jour, trente minutes pour prendre l’air, rien de plus.

S’ils se rappellent encore de ce à quoi ressemble un téléphone, c’est qu’ils sont arrivés il y a quelques jours. Tous leurs effets personnels sont enfermés dans des placards, y compris les livres et lecteurs de musique. Ils ont perdu toute forme de contrôle ou de pouvoir, ils ne font plus que respirer dans ces lieux insalubres.

Un recours aux chambres d’isolement abusif

Afin de les « discipliner », ils sont transférés dans des chambres d’isolement où les conditions d’hygiène et de respect ne sont pas les bienvenues. Les psychiatres usent et abusent de la contention. Ils attachent les patients jusqu’à 23 heures par jour, et ce, parfois pendant plusieurs mois.

« Dans le meilleur des cas, les patients ne sont enfermés que dix-neuf heures par jour dans leur chambre » remarque le contrôleur.

La parole, cela fait bien longtemps qu’ils l’ont perdue. Aucun dialogue dans cet hôpital de l’Ain où les boutons d’alertes sont absents des salles d’isolements. C’est à coup de cris et de pleurs qu’ils doivent avertir les aides soignants en cas de problème, ou de besoin.

On ne les écoute pas, on ne veut pas les entendre. On se contente de les regarder. L’intimité? Il n’y en a aucune. Pas de rideaux de douches, pas de portes. On les force à se faire humilier du matin au soir.

Un traitement généralisé

Un traitement généralisé à des patients souffrants pourtant de symptômes bien distincts. Il semblerait qu’aucune réinsertion ne soit recherchée par les psychiatres. Et cela fait pourtant bien partie du code de la Santé Publique. Chaque patient de cet hôpital devrait pouvoir communiquer avec les autorités, émettre ou recevoir des courriers, exercer son droit de vote, se livrer aux activités religieuses ou philosophiques de son choix… Mais surtout, chaque patient devrait être respecté.

Ce sont pourtant des jeunes diplômés, motivés et désireux d’aider, qui constituent les équipes de soins. Mais les psychiatres étant en sous effectif, ces équipes n’ont pas de pouvoir décisionnel suffisant pour faire avancer les choses.

Les recommandations du contrôleur

Suite à un constat stupéfiant lors du contrôle de l’hôpital, le contrôleur général n’a pas eu d’autres choix que de formuler de nombreuses recommandations:

1. ériger en règle la libre circulation dans l’établissement, toute restriction de la liberté d’aller et venir devant être expressément motivée par l’état clinique du patient ;
2. mettre fin immédiatement à l’enfermement en chambre ordinaire ;
3. mettre sans délai un terme à la pratique excessive, tant dans la durée que dans l’intensité, de l’enfermement en chambre d’isolement et de la contention ;
4. mettre fin immédiatement aux prescriptions et décisions médicales effectuées sans examen préalable du patient ;
5. assurer une présence médicale quotidienne et d’une durée suffisante dans toutes les unités ;
6. évaluer avec l’aide d’intervenants extérieurs l’état clinique et les modalités de prise en charge de tous les patients présents dans les unités de « soins de suite » et à l’unité pour malades agités et perturbateurs afin d’élaborer pour ces patients un projet de soins et de vie ;
7. renforcer dans des délais très courts les activités thérapeutiques dans et hors les unités afin d’en faire bénéficier le plus grand nombre de patients ;
8. former l’ensemble du personnel à la prévention et la gestion des situations de crise.

Espérons que les conditions de prise en charge de ces patients soient re-mesurées suite à cette dénonciation.

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