Le rêve de changement des basketteuses handicapées au Cambodge

Des joueuses cambodgiennes de basket-ball en fauteuil roulant à l'entraînement le 18 février 2016 à Battambang TANG CHHIN SOTHY / AFP
Des joueuses cambodgiennes de basket-ball en fauteuil roulant à l’entraînement le 18 février 2016 à Battambang
TANG CHHIN SOTHY / AFP

Des cris, des encouragements et du métal qui s’entrechoque… Les premières joueuses de basket-ball en fauteuil roulant du Cambodge rêvent de changer les mentalités dans un pays où les handicapés, nombreux à cause des mines, peinent à trouver leur place.

Le niveau de vie au Cambodge et la religion bouddhique incite à la discrimation des handicapées

Sous un soleil de plomb dans la ville de Battambang, dans l’ouest du pays, dix joueuses s’affrontent à l’entraînement. La lutte est intense, jetant au sol l’une des joueuses dont le fauteuil vient d’être percuté. Celle-ci s’empresse de se hisser à nouveau sur son fauteuil, se démarque et file vers le panier. Il y a encore peu, ces femmes ne sortaient pas de chez elle, tenues à l’écart du reste de la communauté. Dans ce pays où un cinquième de la population vit sous le seuil de pauvreté, la perte d’un salaire peut en effet être une catastrophe financière pour une famille, provoquant en retour le rejet de la personne handicapée. A cela s’ajoute la croyance bouddhiste que la personne qui se retrouve handicapée paye pour des méfaits commis dans une vie antérieure.

« Ils nous regardent comme si nous, les personnes handicapées, nous étions incapables de faire quoi que ce soit, de travailler. Et ils ont honte de sortir avec leurs enfants ou leurs proches handicapés ».

Le régime des khmers rouges a laissé des traces visibles sur la population

Sieng Sokchan est paralysée après avoir été touchée dans le dos par une balle perdue à l’âge de 10 ans. La plupart de ses camarades ont sauté sur des mines, le Cambodge comptant l’un des plus forts taux de personnes amputées au monde, conséquence de trois décennies de guerre civile. Face à l’ostracisme dont elles faisaient l’objet, la plupart de ses coéquipières avaient perdu tout confiance en elles jusqu’à ce qu’elles rejoignent l’équipe.

TANG CHHIN SOTHY / AFP
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Le sport, moteur de changement des mentalités

Le sport a modifié le regard que les gens portaient sur ces femmes. L’an passé, l’équipe s’est rendue en Malaisie pour un match, un déplacement qui a impressionné les voisins, raconte Sieng Sokchan, dans un large sourire à l’évocation de ce souvenir. Aujourd’hui, avec son équipe, elle rêve de se qualifier pour les Jeux paralympiques de Tokyo en 2020, même si leurs chances d’y parvenir semblent bien faibles, dans un pays qui n’a même pas encore de ligue nationale de handibasket.

« Depuis que je fais du sport, ma vie a changé. Avant elle était solitaire et sans espoir mais maintenant elle est pleine d’espoir et de joie », s’enthousiasme Sieng Sokchan. « Et je ne me sens plus exclue dans ma famille ».

L’an passé, le CICR est parvenu à envoyer une équipe de basketteurs afghans pour les qualifications pour les jeux de Rio. Ils ont finalement échoué lors de cette dernière étape, mais n’en ont pas moins ouvert la voie.

Charlotte Maillard avec l’AFP

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