Johnny Depp ruiné : un juste châtiment ?

L’acteur hollywoodien Johnny Depp serait en pleine banqueroute, c’est en tout cas ce qu’affirment Associated Press et le Telegraph. La cause : un train de vie trop dispendieux pour un acteur surpayé et amateur d’échecs commerciaux à la pelle. Après que ses déboires sentimentaux ont fait la une de tous les tabloïds, c’est désormais au tour de son portefeuille de déchaîner les passions. 

Quand bosse pour un SMIC, on se prend souvent à rêver de ce que l’on s’offrirait si la chance, et plus particulièrement un soir d’Euromillion, nous souriait. Certains feraient le tour du monde, d’autres achèteraient une île paradisiaque; certains pencheraient pour les voitures de luxe, tandis que d’autres se reconvertiraient dans la collection d’oeuvres d’art. Eh bien quand on a de l’argent à ne plus savoir quoi en faire, on assouvit les quatre ! Et sans retenue s’il vous plaît : quatorze baraques (dont une île, un château et une ferme équestre), quarante-cinq voitures de luxe, deux cents œuvres d’art (mais c’est du moderne donc pas sûr que ça compte), un yacht, soixante-dix guitares… Et le catalogue continue sur des dizaines et des dizaines de pages. Qui aurait pensé qu’un acteur comme Johnny Depp aurait à ce point sombré dans le star system qu’il abhorrait tant ?

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Little Hall’s Pond Cay, l’île paradisiaque que s’est offerte Johnny Depp après le tournage de Pirates des Caraïbes.

Indé Johnny

Johnny Depp, pour ceux qui ne l’ont connu qu’à partir de Pirates des Caraïbes (pauvres de vous…), c’est avant tout un acteur qui aime le cinéma. Remontons le temps jusqu’à l’année 1990, une date essentielle dans sa carrière. A cette époque, sa belle gueule est encore connotée 21 Jump Street. Il veut se défaire de cette image de star pour minettes, il veut être pris au sérieux : il veut faire du cinéma. Et un réalisateur en pleine ascension, à la coupe de cheveux pas très catholique, va lui en offrir la possibilité. Après Beetlejuice et Batman, Tim Burton veut revenir à ses premières amours : entrelacer gothique et poésie avec en toile de fond une critique acerbe de l’Amérique puritaine. Edward aux mains d’argent est né. La suite, on la connaît : Ed Wood, Dead Man, Donnie Brasco, Las Vegas Parano, Sleepy Hollow… Un enchaînement de succès critiques et publics qui font de Johnny Depp un acteur incontournable, et exigeant : il choisit soigneusement chacun de ses rôles, évitant à tout prix de vendre son âme au démon Blockbuster. Mais en 2003, tout vacille : Johhny Depp est à l’affiche de Pirates des Caraïbes. Ça y est, Hollywood a gagné. Le diable a eu sa peau.

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Les démons du Dollar

Devenu ultra-bankable, Johnny Depp prend goût aux cachets mirobolants, et à la gloire cosmopolite. Le revers de la médaille est à la hauteur des gains engrangés : une longue descente aux enfers attend l’acteur, émaillée par-ci par-là de quelques très bonnes surprises signées Tim Burton. Hélas, elles ne suffiront pas à faire oublier, ni à compenser, les nombreux échecs commerciaux que l’acteur a enchaînés depuis 2013 : Lone RangerTranscendanceCharlie MortdecaiStrictly criminal, Alice de l’autre côté du miroir… Sa carrière est au plus mal, à tel point qu’il a été nommé acteur le moins rentable d’Hollywood par Forbes deux fois de suite, en 2015 et 2016. En même temps, avec un cachet moyen de vingt millions de dollars par film… Et comme si ses ennuis artistiques ne suffisaient pas, voilà que son couple se déchire en une de tous les tabloïds sur fond de violences conjugales ! Après un divorce ultra-médiatisé et sept millions de dollars pour solde de tout compte (Paul McCartney a dû s’étrangler en voyant ce pourboire), voilà que Johnny est de nouveau assailli par les problèmes, financiers cette fois-ci. Et évidemment, les vautours sont de sortie.

C’est la crise…

La société The Management Group, chargée de gérer la fortune de l’acteur depuis dix-sept ans, a décidé de porter plainte contre ce dernier. La raison est aussi rocambolesque qu’incongrue : TMG aurait prêté quatre millions de dollars à l’acteur pour qu’il rembourse un autre prêt déjà contracté, ceci dans le but de lui éviter une « une humiliante crise financière » selon Michael Kump l’avocat de TMG. Résumons donc : on prête de l’argent à quelqu’un qui n’a pas les moyens de rembourser un prêt pour qu’il rembourse un prêt plus ancien en contractant un nouveau prêt. Hum…

« Durant 17 ans, The Management Group a fait tout son possible pour protéger l’acteur de lui-même »

Mais bon, Johnny Depp avait déjà senti le vent tourner durant l’été 2016 : il vendait alors aux enchères des œuvres de Jean-Michel Basquiat, et se séparait de sa maison du Var à Plan-de-la-Tour, ainsi que son palace italien. La crise n’épargne personne, pas même les multimillionnaires du show-biz ! Mais rassurez-vous, ils ont les moyens de se défendre. Et pour preuve : l’égérie Dior a décidé d’attaquer à son tour TMG en leur réclamant pas moins de vingt-cinq millions de dollars, les tenant pour responsables de sa désastreuse situation financière. Une initiative sans réelle chance d’aboutir, et qui n’a pour but que de « perturber les efforts en cours de TMG afin d’être remboursé du prêt accordé pour le sauver », assure l’entreprise.

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La maison varoise de Johnny Depp. Prix de vente : 23 millions d’euros.

La vengeance du 7e art

Souhaiter le malheur des riches, c’est typiquement un passe-temps de pauvres. Bien sûr que son train de vie est indécent, bien sûr qu’il a plus d’argent qu’il pourra jamais dépenser en une vie… Ah non, ça il y arrive très bien : deux millions par mois c’est quand même balèze ! Là n’est pas la question. Ce dont nous devons nous réjouir, et par nous j’entends les adeptes du Johnny Depp des 90’s, c’est qu’il s’est pris une énorme mandale. Et la raclée n’est pas seulement financière, elle est aussi artistique. A force d’enchaîner les daubes qui s’écroulent au box-office, il commence à se rendre compte (lentement mais sûrement…) que porter un nom célèbre ne suffit plus à garantir le succès d’un film;  mieux : il ne suffit plus à expliquer son salaire de vingt millions  !  Les muses sont capricieuses, et n’aiment pas êtres déçues, encore moins pendant dix années d’affilée… Le châtiment est à la hauteur du crime : Johnny Depp a perdu son public. Et ses déboires personnels, alcoolisés, et financiers n’arrangent rien. Plutôt que de suivre la voie tracée par Leonardo DiCaprio, parfait compromis du star system et des films de très grande qualité, Johnny a rempilé pour une autre franchise ultra-rentable : Les Animaux fantastiques. L’argent appelle l’argent…

Crédits photo : Getty, DR, Sotheby’s Real Estate France

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