Trump contre la science : la résistance s’organise

Alors que Donald Trump porte coup sur coup à la recherche scientifique, des scientifiques américains s’organisent pour protester, et pour résister.

Stand Up For Science, 13 décembre 2016 – Peg Hunter via Flickr CC
Stand Up For Science, 13 décembre 2016 – Peg Hunter via Flickr CC

Déjà bien avant le début de sa campagne, Donald J. Trump avait fait connaître son goût pour la science, et notamment pour la protection de l’environnement. En 2012, il expliquait que le concept de réchauffement climatique est une invention chinoise destinée à déstabiliser l’industrie américaine.

Pendant sa campagne, il a promis de se retirer des accords de Paris sur le changement climatique, en continuant de répéter qu’il ne s’agissait d’un problème ni sérieux, ni digne d’intérêt.

Dès son premier jour en tant que président, le 20 janvier, toute information concernant le réchauffement climatique a disparu du site internet de la Maison Blanche. Depuis, son gouvernement fait tout pour réduire la liberté des scientifiques et des agences scientifiques. Les employés de la National Park Service (NPS) et de l’Agence  de Protection de l’Environnement (EPA) notamment, se sont vu restreindre —voire retirer— leurs droits d’accès aux réseaux sociaux. De plus, il leur a été interdit de s’exprimer dans les médias sans accord gouvernemental préalable.

L’EPA a par la suite été forcée de supprimer de sa page d’accueil tout contenu relatif au changement climatique. Ses employés se disent terrifiés par ce qu’une telle attitude du gouvernement à l’encontre de leur travail signifie pour l’avenir.

« Si le site internet (de l’EPA, ndr) tombe, des années de travail fourni sur le changement climatique disparaîtra » a déclaré à Reuteurs un employé de l’EPA, sous couvert d’anonymat.

 Marche pour la science

Alors que la « Marche des femmes » pour protester contre Donald Trump a rassemblé le 20 janvier plus de 2 millions de personnes à Washington et à travers le monde, des scientifiques entament une discussion sur Reddit. De cette celle-ci naît l’idée d’une Marche pour la science, qui prend rapidement de l’ampleur sur les réseaux sociaux. Un compte Twitter qui compte à ce jour plus de 300.000 followers a été créé afin de coordonner les efforts, et un site internet a été ouvert.

Cette marche, prévue à Washington mais aussi à travers le monde, aura lieu le 22 avril.

Les scientifiques américains voient en cette marche le moyen de manifester en masse leur soutien à la cause climatique et environnementale, et de protester contre la censure de plus en plus forte imposée par le nouveau gouvernement à l’encontre du milieu scientifique. Les organisateurs invitent tous ceux (scientifiques ou non) se sentant concernés de près ou de loin à venir se joindre au mouvement, mais précisent qu’il s’agira d’un « rassemblement pacifique et non-partisan ».

Résistance numérique

Sur internet, certains scientifiques décident de passer outre la censure, et redoublent d’efforts pour sauver un grand nombre de données concernant la recherche sur le climat. Sur le site internet Climate Mirror, par exemple, les scientifiques sont invités à  déposer leurs travaux  afin de prévenir une éventuelle suppression par le gouvernement. Sont particulièrement visées les données provenant de la NASA, de l’EPA, mais aussi de l’Administration Nationale Océanique et Atmosphérique (NOAA).

Sur Twitter, on peut voir fleurir des comptes alternatifs aux agences publiques officielles américaines, tels que @RogueNASA, @AltUSNatParkService ou encore @ActualEPAFacts. Se voulant les nouveaux héros de la résistance digitale à l’administration Trump, il cherchent à « résister contre la censure des faits et de la science ». Leurs administrateurs sont des vrais employés de ces institutions. Ils veulent ainsi protester contre une administration hostile à la réalité scientifique et qui promeut des “faits alternatifs”, le concept développé par la conseillère spéciale de Donald Trump, Kellyanne Conway pour défendre le chef de l’État.

“Si publier des faits et informations depuis un faux compte Twitter est notre seule option pendant quatre ans, nous le ferons”, affirme ainsi @RogueNASA.

C’était d’abord depuis les comptes officiels des agences que des tweets (pour la plupart ouvertement anti-Trump) avaient été postés. Mais ces tweets ont ensuite rapidement été effacés, éveillant des soupçons de censure. Et c’est devant cette réalité que ces comptes rebelles ont vu le jour.

Leur succès va d’ailleurs en grandissant, le compte alternatif du NSP ayant même trois fois plus d’abonnés que le fil officiel. Celui-ci s’en donne d’ailleurs à cœur joie, et va même jusqu’à narguer le président :

« Tellement hâte que le Président Trump nous traite de FAKE NEWS. Vous pouvez prendre notre Twitter officiel, mais vous ne nous prendrez jamais notre temps libre! »

Heureusement, la science est basée sur des connaissances solides et communes, et ce ne sont pas les magouilles politiques qui viendront l’ébranler. Et grâce à internet, les tentatives de bâillonnement n’ont que peu de chances de réussites.

 Antoine Rouet
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