Réseaux sociaux : les médias à la conquête du live

Concurrence oblige, les chaînes d’information se sont elles aussi laissées emporter par le tourbillon infernal de la vidéo instantanée en ligne. Une nouvelle technique que les médias tentent d’apprivoiser, au risque d’inonder leurs lecteurs.

Les applications pour diffuser de la vidéo se multiplient comme des petits pains. Le géant Snapchat, qui permet d’envoyer et recevoir des vidéos, son concurrent Instagram qui s’est également placé sur le créneau vidéo avec le lancement de sa story, sans oublier le polémique Périscope, qui a fait office de point d’entrée de la vidéo en direct sur les réseaux sociaux.

Les médias se sont rapidement emparés du format et ont tenté de déchiffrer les codes du numériques qui se composent à mesure des nouvelles techniques. La tendance a carrément explosé lorsque Facebook a intégré le live à ses fonctionnalités. Une mine d’or pour les chaînes d’information qui, par ce biais, trouvent une nouvelle stratégie digitale pour séduire un jeune public qui boude de plus en plus la télévision.

Un nouveau business model

Comme tout ce qui est numérique, la question de la monétisation reste floue pour le commun des mortels. À vrai dire, le sujet a longtemps été en suspend. Le temps déjà de voir si la vidéo en ligne mordait à l’hameçon et réalisait une quantité de visualisations suffisantes, mais également de réfléchir à une stratégie pour que tout le monde, réseaux sociaux et annonceurs, y trouvent leur compte. En ce qui concerne Facebook, des sources américaines ont annoncé que le réseau social aurait trouvé un bon compromis en monétisant les vidéos via le partage des revenus publicitaires avec les propriétaires des pages. Ainsi, on pourrait trouver sur ses vidéos d’au moins 90 secondes des « mid-roll », vidéo publicitaire de quelques secondes qui s’affiche au milieu du contenu, live ou non. Basé sur un système similaire à celui déjà mis en place par le concurrent Youtube, cela voudrait dire scinder le contenu en deux plutôt que de placer la publicité dès le début qui vie un « pre-roll », on l’imagine, découragerait la vision. Une technique donc moins intrusive, modulable par les pages.

Vidéo Direct 1

Un rapport à l’information plus intime

Tout se met petit à petit en place pour accueillir au mieux les nouveaux formats vidéo. Mais comment l’utilisateur interagit avec ce nouveau contenu proposé ? Plus agressif que les simples vidéos qui s’affichent dans le flux, le Live entre directement en contact avec le spectateur.

Déjà qu’être abonné à une page nécessite une implication puisque c’est un choix qui aura un impact sur le contenu du fil d’actualité. Rentrer dans les cercles de l’utilisateur est un premier par pour raccourcir la distance entre les médias et les spectateurs. Les lives, eux, vont encore plus loin. Ils proposent à l’utilisateur de créer l’information : ceux-ci peuvent poser des questions, sélectionnées par l’équipe de community managers et commenter en direct. Ainsi, ils interagissent instantanément avec le contenu qui leur est proposé et l’influencent même. Une aubaine pour les médias qui peuvent rectifier le tir à tout moment, et se rapprocher au mieux de l’envie de ses abonnés.

Le rapprochement entre le média et le consommateur se fait également au travers des notifications. Rappelons que lorsqu’une page suivie débute un live, l’utilisateur s’y trouve informé directement via la pastille rouge des notifications, tandis que cette partie était historiquement plutôt réservée aux interactions avec le cercle de connaissances plus rapproché. Dans la même veine de l’intrusion, certains ont poussé le vice de la avec les bots, une création hallucinante tout droit sortie de Black Mirror. C’est une intelligence artificielle qui interagit directement dans la messagerie et répond aux questions. Un bon moyen de sensibiliser une audience plus jeune à l’information, mais qui risque de brouiller les frontières entre public et intime dans un monde où les codes propres au numérique ne sont pas acquis par tous.

Vidéo Live 4

En outre, la vidéo en live sur Internet connaît les mêmes problèmes que ceux connus à la télévision : remplir avec du vide lorsque il n’y a rien à dire. L’instantané empêche une perspective de l’information plus large, tant du côté du lecteur que du journaliste, contrait à produire toujours plus, toujours plus vite. Content is King, comme disent nos voisins outre-Atlantique.
La télévision a ainsi réussi à s’immiscer dans les nouveaux médias, au grand bonheur des annonceurs, mais en dépit de ceux qui tentaient de trouver une nouvelle alternative pour s’informer. Il va pourtant falloir s’y habituer : selon une étude américaine menée par Ooyala. 75% du trafic sur le Web sera constitué de vidéo d’ici 2020.

 

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