[VIDÉO] Afrique du Sud : le trafic de peaux d’ânes s’intensifie

Le commerce des ânes explose dans de nombreux pays africains. Ces animaux sont la cible des braconniers qui exportent illégalement leur peau vers la Chine.

C’est un traffic plus silencieux que celui de l’ivoire ou la corne de rhinocéros, mais tout aussi meurtrier. Des dizaines de milliers d’ânes domestiques sont tués chaque année dans plusieurs pays africains notamment au Mali, au Botswana, en Afrique du Sud, au Kenya et en Tanzanie. Ces animaux sont généralement volés aux fermiers, puis battus à mort à coups de marteaux ou écorchés à vifs.

«Les voleurs veulent simplement leurs peaux. Jusque là, les ânes se promenaient en toute liberté. Mais maintenant on a tous peur de ce qui peut leur arriver», explique un fermier de Mogosani, un village Sud-Africain.

L’Afrique, source d’approvisionnement

Si la peau d’âne n’a pas de valeur commerciale en Afrique, la gélatine qu’elle contient s’échange à prix d’or en Asie. Appelée « ejiao« , cette substance, très prisée dans la médecine traditionnelle chinoise permettrait de soigner l’anémie, lutter contre les insomnies ou encore retarder la ménopause. Cette gélatine est également appréciée par les chinois sous forme de boisson apéritive. La viande d’âne alimente, elle, les restaurants du nord du pays. Un traffic illégal qui se chiffre en millions de dollars selon les experts.

Principale consommatrice, la Chine s’est tournée vers l’Afrique pour importer cette marchandise car l’élevage d’âne domestique du pays ne suffisait plus. Sa population d’ânes a chuter de 11 millions de têtes dans les années 1990 à 6 millions en 2013.

Les conséquences de ce commerce sont dramatiques pour le quotidien des africains. Un animal indispensable pour tirer les charrettes dans lesquelles sont chargées toutes sortes de marchandises.

«Les emplois sont rares ici, les ânes sont une source de revenus. Si rien n’est fait, ce village n’aura bientôt plus d’ânes», s’inquiète Ikgopeleng Tsietsoane, 25 ans et propriétaire d’ânes. L’homme a déjà perdu six de ses neuf bêtes.

Vers des accords d’exportation

En janvier 2017, la police sud-africaine a saisi un stock de 5.000 peaux prêtes à partir pour la Chine qui a nié toute participation dans ce commerce. Pour tenter d’enrayer la contrebande, les autorités ont commencé à négocier un accord d’exportation de la peau et de la viande d’âne avec une région chinoise du Henan. « Le but est de susciter des opportunités commerciales pour les gens des régions rurales qui possèdent ces animaux« , plaide Patrick Leteane, responsable pour la province des affaires d’agriculture.

Le Botswana et le Kenya ont déjà franchi le pas et exportent désormais en toute légalité leurs peaux d’ânes. La Namibie, elle, doit ouvrir prochainement un abattoir pour traiter localement peaux et viande, avant de les envoyer en Chine. Le Burkina Faso, le Mali, le Sénégal ou le Niger ont quant à eux, préféré interdire leur exportation vers l’Asie.

Maëlle Auriol avec AFP

Crédit photo : MUJAHID SAFODIEN

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s